A LA RENCONTRE DU COEUR SCIENTIFIQUE

Rencontre avec la famille des chercheurs : une immersion au coeur du monde scientifique

La recherche scientifique reste souvent abstraite pour les lycéens, perçue comme un domaine complexe et éloigné de leur quotidien. Pourtant, comprendre comment se construisent les connaissances scientifiques est aujourd’hui un enjeu citoyen majeur, notamment face à la diffusion de fausses informations. C’est dans cette optique que les élèves du lycée Marie Curie ont participé à une rencontre avec des chercheurs, organisée dans le cadre du programme Declics1, un dispositif national porté par le Cercle FSER2.
Cette rencontre s’est tenue le 16 décembre 2025, au sein du lycée Marie Curie, et a permis aux élèves d’échanger directement avec onze personnels de recherche, accompagnés de leur responsable d’équipe. Bien plus qu’une simple intervention, cet événement a offert une immersion concrète dans le monde de la recherche scientifique et dans le quotidien de celles et ceux qui y travaillent.


Un programme pour rapprocher la recherche et les lycéens
Le programme Declics est né de plusieurs constats : la recherche et ses mécanismes de production des connaissances restent encore largement méconnus du grand public, certaines catégories de la population sont sous-représentées dans les carrières scientifiques, et les occasions de rencontres entre chercheurs et lycéens demeurent rares. Pour répondre à ces enjeux, le Cercle FSER organise partout en France des rencontres entre élèves et scientifiques afin de rendre la recherche plus accessible, plus concrète et plus humaine.


Une rencontre organisée en plusieurs temps
La rencontre du 16 décembre 2025 s’est déroulée en plusieurs étapes. Dans un premier temps, le responsable de l’équipe, Nicolas Vitale, a présenté le travail général du laboratoire, les grands axes de recherche et le fonctionnement d’une équipe scientifique. Dans un second temps, les élèves ont rencontré les chercheurs lors de temps d’échange d’environ quinze minutes par chercheur ou chercheuse, en petits groupes. Ces échanges ont permis d’aborder de manière plus précise les sujets de recherche, les parcours d’études et les réalités du métier.

Une équipe de recherche spécialisée en neurosciences
Les élèves ont rencontré une équipe de recherche travaillant principalement dans le domaine des neurosciences, autour de l’étude du cerveau, des neurones et des mécanismes de communication nerveuse. L’équipe se distingue par la diversité de ses profils : chercheurs confirmés, doctorants, post-doctorants3, ingénieurs et enseignants-chercheurs, illustrant le caractère collectif et interdisciplinaire de la recherche scientifique.


Les chercheurs rencontrés : rôles, missions et domaines de recherche
L’équipe était dirigée par Nicolas Vitale, directeur de recherche (DR4 Inserm5 Est). En tant que chef d’équipe, il coordonne les projets scientifiques, définit les orientations de recherche et accompagne les chercheurs dans leurs travaux. Ses recherches portent sur la neurosécrétion, c’est-à-dire les mécanismes par lesquels les neurones communiquent entre eux.
Stéphane Ory, chargé de recherche (CR6) au CNRS7, travaille sur les mécanismes moléculaires du couplage entre exocytose et endocytose dans les cellules neurosécrétrices. Son rôle consiste à comprendre comment les neurones libèrent et recyclent leurs messagers chimiques.
Frédéric Doussau, chargé de recherche (CR) au CNRS, s’intéresse à la transmission de l’information dans le cervelet, une région du cerveau impliquée notamment dans la coordination des mouvements.
Stéphane Gasman, directeur de recherche (DR Inserm Est), étudie les mécanismes de la sécrétion des hormones et des neurotransmetteurs, contribuant à mieux comprendre le fonctionnement du système nerveux et endocrinien.
L’équipe comprenait également plusieurs jeunes chercheurs en formation, à différentes étapes de leur parcours scientifique. Emma Darracq, doctorante, étudie le rôle de l’asymétrie membranaire et de certaines protéines dans la neurotransmission. David Schmidt, doctorant, travaille sur le lien entre le diabète de type 2 et la maladie d’Alzheimer, montrant l’importance des interactions entre métabolisme et maladies neurodégénératives. Abdel-Karim Berkati, doctorant, s’intéresse au métabolisme de la morphine en contexte neuro-inflammatoire, tandis que Ferdous Bellassine, également doctorante, mène des recherches sur le traitement morphinique. Alexander Wolf, post-doctorant, étudie l’implication des lipides dans la communication nerveuse.
Enfin, d’autres fonctions essentielles à la recherche étaient représentées : Anne-Marie Haberlé, ingénieure d’étude, spécialisée dans la localisation des protéines dans les neurones, et Daniel Stan, maître de conférences et professeur assistant à l’EPITA8, dont les travaux portent sur la vérification formelle de programmes et de protocoles informatiques, montrant l’importance de l’informatique dans la recherche actuelle.

Des échanges riches et des conseils précieux
Au cours des échanges, les élèves ont posé de nombreuses questions sur le métier de chercheur, les études nécessaires et les difficultés rencontrées. Une question est revenue à plusieurs reprises : comment réussir et devenir chercheur ou chercheuse à l’avenir ?
Tous les chercheurs ont prodigué des conseils similaires. Le mot qui est revenu chez chacun d’entre eux est sans hésitation « passion ». Selon eux, pour s’engager dans la recherche, il faut avant tout aimer profondément ce que l’on fait, être curieux, motivé et persévérant. La passion est indispensable pour faire face aux difficultés, au doute et à l’échec, qui font partie intégrante de la démarche scientifique.
Ils ont également insisté sur l’importance de l’autonomie, de l’organisation et de la persévérance, notamment pour réussir les premières années d’études supérieures.

Un bilan très positif
Cette rencontre avec la famille des chercheurs, organisée le 16 décembre 2025, a constitué une expérience particulièrement enrichissante pour les élèves du lycée Marie Curie. Elle a permis de mieux comprendre le monde de la recherche, la diversité des parcours scientifiques et les exigences du métier.
Au-delà des connaissances scientifiques, cette rencontre a rendu la recherche plus humaine et plus accessible, tout en ouvrant de nouvelles perspectives d’orientation pour de nombreux élèves.
« Pour s’engager dans la recherche, il faut avant tout être passionné et aimer réellement ce que l’on fait. À la faculté, on est beaucoup plus autonome. Il est essentiel d’apprendre à travailler seul, de ne pas avoir peur des difficultés et de persévérer. » Nicolas Vitale, Chef et responsable de l’équipe
« Il faut aimer ce que l’on fait. La passion est très importante pour avancer dans ce domaine, la recherche. » Emma Darracq, Doctorante
« Il faut être passionné et aimer ce que l’on fait, mais aussi prendre les études au sérieux dès le départ pour réussir par la suite. » David Schmidt, Doctorant

Ces témoignages ont renforcé un message commun partagé par l’ensemble des chercheurs : la passion est un élément essentiel pour réussir et s’épanouir dans une carrière scientifique.

Article écrit par Hasib HAMID, 1G3

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  1. Dialogue entre chercheurs et lycéens pour construire les sciences,
  2. Fonds de solidarité et d’engagement pour la recherche,
  3. Un post-doctorant est un chercheur qui a déjà soutenu sa thèse et qui poursuit ses recherches dans un laboratoire,
  4. Directeur / Directrice de recherche,
  5. Institut national de la santé et de la recherche médicale,
  6. Chargé / Chargée de recherche,
  7. Centre national de la recherche scientifique,
  8. École Pour l’Informatique et les Techniques Avancées